Questions techniques particulières
 
  Ampli fictif Mise à la terre

Principales non-conformités

Paraboles
  Télévision numérique terrestre (TNT) Canaux TNT et offsets

 

 
 

Ampli fictif et dossier technique

Le "point d'interface" défini dans la norme NF C 90-125 est défini comme étant une connexion matérialisée. En amont, soit la station de tête, soit le signal venant d'un câblo-opérateur. En aval, le réseau de distribution.

La "raccordabilité" définie par la norme prévoit que le réseau intérieur soit conçu pour être indifféremment, et sans modification, raccordé à une station de tête ou au câble.

Si la conception initiale d'un réseau prévoit que celui-ci ait en entrée un signal de, par exemple, 90 dBµV, comme la norme l'autorise (limites actuelles 69 - 103 dBµV), le raccordement ultérieur du câble obligera à l'ajout d'un amplificateur. En effet, le câblo opérateur introduira vraissemblablement un signal de 69 dBµV.
Cet amplificateur apportera nécessairement une contribution au bruit thermique et à la distorsion d'inter-modulation. Pour que le réseau interne continue d'être conforme aux exigences de la norme, il convient d'en tenir compte dans les calculs, dès la conception initiale du réseau, même si l'amplificateur n'est pas effectivement posé. D'où son nom de fictif.

Demande de COSAEL

COSAEL demande qu'un dossier de calcul C/N et IM3 prennent en compte les caractéristiques d'un amplificateur réel, permettant d'amplifier le signal de 69 dBµV au niveau choisi par l'installateur. Les caractéristiques choisies pour les calculs au point d'interface sont alors celles imposées aux câblo opérateurs :

  •  niveau au moins 69 dBµV (ici 69 est choisi)
  •  C/N : meilleur que 46,9 dB pour au plus de 32 logements (voir la norme au delà)
  •  IM3 : meilleur que 57 dB pour au plus de 32 logements (voir la norme au delà)

    En ne mettant pas l'amplificateur "fictif" sur le site :

  •  le niveau est correct puisque c'est celui de la station de tête, niveau qui a déterminé le choix de l'ampli fictif
  •  les C/N et IM3 sont nécessairement meilleurs que le calcul puisqu'il y a un amplificateur de moins.

Précaution

Ne pas choisir un niveau de sortie de la station de tête trop faible, par exemple 75 dBµV. Il est alors nécessaire d'amplifier le signal de seulement 6 dB, ce que ne permettent pas les amplificateurs du commerce. La seule possibilité serait d'employer un amplificateur de par exemple 25 dB de gain et d'atténuer le signal en entrée de 19 dB. Malheureusement l'ampli est alors utilisé dans de très mauvaises conditions, et sa contribution au C/N de l'ensemble ne permet pas de tenir les exigences de la norme, quelle que soit la qualité de cet amplificateur.

 

Peu de complications supplémentaires
permettent un respect de l'esprit de la norme

 

Mise à la terre des installations de distribution

Deux cas se présentent : l'immeuble est ou non équipé d'un dispositif de protection du bâtiment contre la foudre.

Si l'immeuble est équipé d'un tel dispositif, le mât d'antennes doit être relié à cette installation de protection contre la foudre, par l'intermédiaire d'une liaison la plus courte possible réalisée en respectant les prescriptions de la norme NF C 17-100 (protection des structures contre la foudre) ou NF C 17-102 (paratonnerres à dispositif d'amorçage), selon le paratonnerre utilisé.

Si l'immeuble n'est pas équipé d'un dispositif de protection du bâtiment contre la foudre, il convient d'appliquer les dispositions de la norme NF EN 50083-1 et ses amendements.
Le mât d'antenne doit être relié par un conducteur de section conforme à cette norme, d'au moins 4 mm², à la colonne montante de terre de l'immeuble, au plus court.
L'immeuble doit en effet comporter une prise de terre générale normalisée conformément à la NF C 15-100 (voir note 1).

Dans les deux cas, il convient de relier le réseau de distribution à la terre (liaison équipotentielle) par un conducteur d'au moins 2,5 mm² s'il est protégé mécaniquement, au moins 4 mm² dans le cas contraire (voir note 2). Ceci permet de protéger les usagers contre des courants injectés par d'autres usagers utilisant des équipements défectueux (défauts d'isolement).

Le professionnel intervenant sur le réseau doit appliquer ses règles de sécurité individuelles complémentaires .

note 1 : C'est une obligation compte tenu de la législation actuelle (loi du 6 juillet 1989 et loi S.R.U. du 13 décembre 2000). La responsabilité d'un professionnel est engagée s'il a débuté des travaux dans un site non conforme sans avertir par écrit le donneur d'ordre de son obligation de corriger la situation.

note 2 : il est conseillé d'utiliser un câble de couleur noire plutôt que vert-jaune, car celui-ci est un conducteur d'équipotentialité, pas un conducteur de protection. Un marquage complémentaire permettra de l'identifier comme tel.

 

Utilisation d'une parabole avec 2 têtes en collectif

Le document UTE C 90-122 de juillet 1991 (réception et distribution de programmes radiodiffusés ou transmis par satellite) donne quelques formules qui permettent le calcul du facteur de mérite (G/T) et du rapport porteuse à bruit (C/N) d'un système parabole + tête, en fonction des caractéristiques de celles-ci.

Les coefficients employés dans ces formules sont issus de mesures effectuées pendant les trois ans qui ont précédé la publication de ce document et ont été acceptés par tous les constructeurs.

Le document UTE C 90-122 de juin 1998 a tenté de simplifier les formules mais les a malheureusement rendues inapplicables en introduisant un coefficient que personne ne sait déterminer. Les formules originales du document de 1991 sont donc les seules utiles.

La norme européenne EN 50083-7 spécifie qu'un signal analogique issu d'une tête satellite doit avoir un rapport signal à porteuse meilleur que 15 dB, quels que soient le vieillissement, le dépointage et le mauvais temps (99% du temps le plus mauvais). L'application des formules précédentes montre que ceci ne peut être tout juste obtenu qu'avec une parabole de bon rendement d'au moins 95 cm de diamètre (ou surface équivalente) et une excellente tête. Il faut rappeler que seul le calcul peut tenir compte de toutes les conditions d'emploi.

Des calculs de géométrie un peu compliqués peuvent montrer que le fait de placer une tête ailleurs qu'au foyer d'une parabole, pour recevoir des signaux qui ne proviendraient pas de l'axe de celle-ci (cas de l'utilisation de 2 têtes ou plus) diminue considérablement le signal reçu par la tête. Un signal décalé de 3° par rapport à l'axe de la parabole perd au moins 3 dB comparé au même signal reçu dans l’axe.
Dans ces conditions, respecter la valeur de 15 dB de C/N est impossible pour au moins l'un des signaux provenant d'une parabole équipée de 2 têtes.

Les constructeurs ont certes inventés des formes de "paraboles" qui sont une composition géométrique de plusieurs surfaces. Ils optimisent peut-être le rendement de réception pour chaque tête, mais le calcul ne saurait prendre en compte la surface totale de la parabole pour chacune de ces têtes.

En conclusion, l'utilisation de paraboles de moins d'un mètre de diamètre équipées de plusieurs têtes de réception ne peut pas permettre de réaliser une installation conforme aux normes.

 

Cas des signaux numériques avec une parabole équipée de deux têtes

Les exigences de C/N pour les signaux numériques sont moindre : 11 dB.

Certains constructeurs peuvent apporter la preuve, par calcul, que dans les conditions normales d’exploitation (99% du temps le plus mauvais), le C/N obtenu par leur couple parabole - tête LNB est bien meilleur que 11 dB, quoique inférieur à 15 dB exigé par la norme pour les signaux analogiques.
Ceci s’entend pour deux têtes décalées de ± 3° de part et d’autre de l’axe focal.

Donc, bien que non conforme strictement à la norme, ce couple parabole - tête peut être employé pour la réception correcte des signaux numériques.

Il convient cependant, pour ne pas tromper l’utilisateur final,
que celui-ci soit parfaitement au courant de cette restriction.