Transcription
de la présentation « Aspects techniques
de la TNT » de Jacques MUZARD,
Coordinateur national de COSAEL, lors du Salon de la
Réception Numérique (9 au 11 mars 2005)
Ceux qui nous connaissent sur le terrain savent que nous sommes là pour les aider à faire mieux leur travail, pas pour les sanctionner.
D’où la présence de COSAEL dans un certain nombre de groupes de travail …
Notre raison de vivre : la qualité est un facteur clé de succès
Un rappel important : un réseau conforme aux normes passera sans modification majeure la TNT. Prévoir une adaptation de la station de tête.
Le filtrage en bord de bande à l'émission permet aux canaux numériques d’être adjacents à des canaux analogiques. Cependant, le diffuseur prendra les précautions nécessaires pour permettre un fonctionnement correct de tout. Voir plus loin.
La tolérance aux échos est évidemment un atout lors de l’installation.
Attention aux blindages. Le signal en France est mieux protégé qu’en Grande Bretagne, mais si un parasite atteint un niveau suffisant, la dégradation se fera plus sentir : figeage d’un bloc et temps de récupération plus long.
Normalement, la TNT n’a pas de raison d’être transposée. Si c’était le cas, prendre soin d’utiliser un matériel spécifiquement conçu pour la TNT, c’est-à-dire tenant des performances de bruit de phase de l’oscillateur et de filtrage particulières.

Ces aspects sont exploités dans la planification des fréquences, mais l’installateur doit être attentifs à certains aspects développés plus loin
Pour s’éloigner du son (0,25 MHz seulement du bord du canal en norme L), un offset peut être ajouté
Dans les facilités données au « planificateur » des fréquences, la norme prévoit que la fréquence centrale du canal numérique puisse être décalée de n fois 1/6 de MHz. Cela permet en particulier au signal numérique adjacent supérieur de moins perturber le son analogique.
Dans les cas de décalage, le récepteur du mesureur de champ peut ne pas accrocher s’il est programmé pour la fréquence centrale nominale. Les fabricants introduiront certainement les commandes permettant de faciliter ce paramétrage.
Le tableau du transparent qui suit montre les effets d’un signal numérique qui ne respecterait pas certaines règles concernant le niveau

Attention : les valeurs –35 dB qui figurent en bas du graphique sont des valeurs absolues (en dBµV) alors que les autres valeurs (en dB) sont prises par rapport au niveau de l’analogique adjacent.
Les appareils de mesure retrouvent automatiquement les paramètres du signal.
En gras, la planification « normale » faite par le CSA
En normal, les modifications envisagées lors du gt2 pour pallier certaines difficultés locales

L'intervalle de garde correspond au temps pendant lequel tous les signaux contenant la même information mais provenant de différentes sources (différents émetteurs ou par réflexions multiples) ne se perturbent pas les uns les autres.

Un exemple de deux signaux contenant la même information mais n'arrivant pas en même temps. Si la différence entre les trajets empruntés n'excède pas 8,4 km, l'adaptateur TNT fonctionnera correctement.

Cas d'émetteurs SFN distants
Le tableau théorique qui suit résume les choix possibles pour le type de modulation, l'intervalle de garde et le rendement de code.
La
modulation est celle qui est choisie pour
chacun des 6817 porteuses.
Un canal de Rice (Ricean channel) est le modèle
mathématique qui représente le mieux la
propagation dans l'air et la réception fixe des ondes.
QEF signifie "Quasi "Erreur "Free", soit
"pratiquement sans erreur".

On voit qu'avec une modulation 64-QAM, un rendement de code de 2/3 et un intervalle de garde de 1/32, il est théoriquement possible de transporter 24,13 Mbits/s si le C/N est de 17,1 dB. C'est le choix de base du CSA (zone rouge).
Dans certains cas, les émetteurs utilisés en SFN (voir plus haut) ne sont pas placés à des distances compatibles avec l'intervalle de garde de 1/32. Un autre choix s'impose alors. Dans le cas de Paris, le choix de l'intervalle de garde de 1/8 a été finalement adopté. On voit que sans autre changement, le débit initialement proposé par les opérateurs de multiplex ne peut plus être respecté (22,12 Mbits/s au lieu de 24,13). Le choix d'un rendement de code plus favorable (3/4 au lieu de 2/3) permet un débit suffisant (24,88 Mbits/s) au détriment de la qualité de signal : il faut en effet respecter un C/N d'au moins 18,6 dB, soit 1,5 dB de plus que pour le choix de base. Cela correspond malheureusement à une zone de couverture de surface moindre (zone cyan) .
Cas de multiplex avec un nombre de chaînes réduit
De
la même façon, ce tableau des codages aide
à comprendre le choix des opérateurs et du CSA
dans des situations atypiques.
Dans le cas de la première phase de déploiement
de la TNT, durant laquelle les chaînes payantes ne sont pas
émises, les multiplex n'ont pas besoin du débit
total. En émettant 3 chaines au lieu de 6, la
moitié du débit est suffisant (12,06 Mbits/s).
Pour obtenir ce débit avec un intervalle de garde de 1/32,
le codage 16-QAM avec un rendement de code 1/2 suffit (zone verte).
On remarque alors que le C/N théorique minimum
nécessaire est alors favorable de plus de 7 dB par rapport
à celui du choix de base (17,1 - 9,6). Cet avantage peut
être mis à profit pour émettre le
signal TNT avec une puissance de 7 dB inférieure, ce qui est
économiquement très intéressant (7 dB
correspond à une puissance utilisée 5 fois
inférieure !).Quelle doit être la
réaction de l'installateur quand il constate la
présence d'un signal dont la puissance est si faible ? Si le
codage 16-QAM est bien employé (ce que le mesureur de champs
peut lui indiquer), il ne faut surtout pas compenser par une
égalisation plus forte !
Si, par exemple, il s'agit d'un canal adjacent supérieur
à un canal analogique, l'égalisation pour un
canal 64-QAM doit être à -10dB (voir plus haut le
tableau des niveaux respectifs). Mais si le canal est émis
en 16-QAM, il faut l'égaliser à -17 dB par
rapport au canal analogique qui lui est inférieur. Cela
permet que, lorsque le multiplex sera plein et que
l'opérateur utilisera le codage 64-QAM, il n'y aura rien
à faire.
Plusieurs fabricants, plusieurs stratégies d’accrochage, comment s’y retrouver ? A terme, le marché s’auto-régulera autour des appareils qui fonctionnent bien. Mais avant ?
AU minimum, tous les récepteurs doivent évidemment fonctionner correctement en conditions nominales.
Hors intervalle de garde, le gt2 a proposé que les récepteurs respectent un « gabarit de comportement » spécifiant la puissance du signal perturbant acceptable en fonction de sa position temporelle.
Un exemple proposé lors du gt2 :

Ainsi, selon cette courbe, un écho dont la puissance serait 15 dB en dessous de la puissance de l'émetteur principal et dont le retard serait de 100µs ne perturberait pas le fonctionnement de l'adaptateur (point rouge sur la figure).
Comme moyen d’investigation, il a été proposé au gt2 que l’on puisse trouver sur les appareils de mesure une indication telle que montré sur la figure suivante, où apparaissent tous les échos avec leur retard respectif et leur puissance relative.

· Émetteurs co-positionnés le plus souvent avec l’émetteur analogique
· Attention : antenne éventuellement dirigée différemment (pas de crainte des échos)
· Profiter du rapport de protection antenne avant arrière pour rester dans le gabarit
· Pour information, le planificateur peut introduire un retard entre émetteurs
En analogique (guide UTE C 90-124), on a l’habitude de donner une valeur de champ en dessous de laquelle l’installateur n’est plus tenu de respecter le C/N minimum à la prise.
En numérique, c’est plus difficile à définir, mais on peut considérer les valeurs suivantes comme admises par tous les experts :
Les essais fait en France par le groupe de travail gtCEM (UTE-CSA) ont confirmé l’expérience hollandaise : 90 % des problèmes proviennent du câble de raccordement du téléviseur à la prise, insuffisamment blindé. Dans d’autres cas, c’est le câblage du réseau qui est déficient.
Le canal numérique n’est donc pas, le plus souvent, le perturbateur.